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Ouagadougou : l'Opposition municipale exige la démission du Maire BEOUINDE

Déclaration liminaire de la Conférence de presse de l’Opposition municipale de Ouagadougou
( lue par Alban Raogo ZOUNGRANA, au siège CFOP le 25 juin 2020)

Animateurs :

- M. Nathanaël OUEDRAOGO, 3ème adjoint au Maire de Ouagadougou ;
- M. Alban Raogo ZOUNGRANA, Président du Groupe municipal UPC ;
- M. Constant OUEDRAOGO, Président du Groupe municipal CDP.

 Mesdames et messieurs les journalistes,
Nous vous souhaitons une chaleureuse bienvenue au siège du Chef de file de l’Opposition politique au Burkina Faso !
La présente conférence de presse porte sur la gestion de la commune de Ouagadougou par le maire Armand Pierre BEOUINDE.
Vous avez certainement été témoins de la situation qui a prévalu à la Maison de la jeunesse et de la culture Jean-Pierre GUINGANE le 22 juin dernier.
Cette situation était la manifestation d’un ensemble de conseillers et de citoyens de la ville de Ouagadougou qui ont voulu empêcher le maire de la commune de valider la malversation dont il s’est rendu coupable dans l’affaire de location de 77 véhicules à hauteur de 4 milliards 600 millions de francs CFA. Vous, journalistes, aviez fréquemment révélé les scandales qui entourent cette sombre affaire.
En rappel, M. BEOUINDE avait convoqué une session restreinte du Conseil municipal pour l’adoption de son compte de gestion et de son compte administratif. Ce, en vue de faire valider par la commission Finances, et au nom de tous, sa gestion chaotique de l’année 2019. Cette session convoquée pour le 10 juin de cette année a été contestée par l’Opposition municipale à travers une lettre de demande de report de ladite session qui avait à son ordre du jour :
 l’adoption du procès-verbal de la session du 24 octobre 2019 ;
 l’adoption du compte de gestion 2019 ;
 l’adoption du compte administratif 2019 ;
 et l’adoption du budget supplémentaire 2020.
Nous dénoncions, à travers cette lettre, l’exclusion de conseillers municipaux qui avaient le droit de siéger au cours de cette session. Nous expliquions que la convocation de la session en question ne respectait pas le principe de l’article 238 du Code général des collectivités territoriales qui stipule que le Conseil municipal ne peut siéger que si plus de la moitié des membres est représentée.
C’est suite à notre interpellation que la session a été reportée, avec l’inscription de nouveaux points à l’ordre du jour.
Mesdames et monsieur les journalistes,
Avant d’en venir au scandale des 77 véhicules et à la session du 22 juin proprement dit, il convient de vous faire un récapitulatif des actions que les conseillers de l’Opposition ont menées depuis le début de cette mandature.
L’augmentation du loyer des jardins et des boutiques
Il vous souviendra que le 6 avril 2017, les conseillers de l’Opposition avaient quitté la salle des fêtes de la Commune de Ouagadougou pour protester contre l’augmentation exagérée du prix de location de certains espaces de commerce appartenant à la Commune de Ouagadougou.
L’histoire nous a donné raison, car la plupart de ces espaces de commerce sont fermés. Ceux qui continuent de se battre n’arrivent plus à honorer leur loyer, et cela est un manque à gagner pour les caisses de la Commune de Ouagadougou.
En rappel, les loyers de boutiques sur l’Avenue Charles DE GUAULE sont passés de 3.500 Francs CFA à 50.000 Francs CFA, soit une augmentation de 1.428 pourcent, pendant que les boutiques du marché de Zogona connaissaient une augmentation de 625 pour cent. Le petit jardin de l’aéroport est passé de 50.000 Francs à 300 .000 Francs, celui de Loudun a connu une augmentation de 600.000 Francs pour atteindre la barre de 1 million par mois. Le jardin de Bogodogo, actuellement fermé, est passé de 25 000 à 500 000 francs CFA de loyer mensuel.
Mesdames et Messieurs,
Le manque à gagner de ces fermetures est énorme pour la commune et, pire, les fermetures ont occasionné la mise au chômage de nombreux travailleurs. A l’époque, les délibérations ont été proposées par le maire sans tenir compte des observations de certains membres de la commission ad ‘hoc chargée de l’étude des prix. Notre inquiétude trouve sa justification aujourd’hui dans le calvaire que vivent les tenanciers de jardins et boutiques de rues.
De l’augmentation du seuil de passation de la commande publique
Chers journalistes,
Le 18 janvier 2018, le maire de la commune avait introduit un projet de délibération qui devait lui permettre d’augmenter son pouvoir d’octroyer des marchés à ses connaissances et copains sans obtenir l’approbation du Conseil municipal.
Ces délibérations portaient sur l’augmentation du seuil d’approbation des marchés publics de 100 millions à 1 milliard de Francs CFA, de la capacité à conclure des grés à grés de 50 millions à 500 millions de Francs, et des marchés par consultation restreinte de 50 millions à 500 millions de Francs. Toute chose que l’Opposition municipale n’a pas manqué de dénoncer, car convaincue que le Maire s’en servira pour faire des récompenses politiques et pour s’enrichir.
Les récentes révélations du Courrier confidentiel nous donnent une fois de plus raison.
De l’affaire des 77 véhicules
Chers amis de la presse,
La délibération portant sur l’approbation de l’acquisition de véhicules par crédit-bail a été discutée au cours d’une session pendant laquelle des observations ont été émises par des conseillers de l’Opposition. Cette approbation a été faite par la majorité des conseillers présents pour acquérir du matériel de qualité pour la commune, à condition que les observations soient prises en compte.
Pour nous, conseillers de l’Opposition, il y a abus de confiance dans cette affaire et faux et usage de faux, car le Maire n’a pas porté les amendements de la session avant la conclusion du contrat.
De cette affaire, il faut retenir que les 12 maires d’arrondissements, sans distinction de bords politiques, avaient tous retourné les véhicules à eux donnés par la commune. Et, parmi eux figurent les maires du MPP.
Le Maire BEOUINDE a l’habitude de dire à qui veut l’entendre qu’il a obtenu le quitus du Conseil municipal pour agir. Cependant, il faut rappeler qu’un accord d’agir n’est pas un accord de mal agir. En effet, il a été révélé par le Courrier confidentiel dans ses récentes parutions que le Maire s’est rendu coupable de conflit d’intérêts et de surfacturation dans cette affaire de location de 77 véhicules. Ces révélations sont tellement graves que la justice s’est saisie du dossier. Nous-nous constituerons plaignant dans cette affaire, dans les jours à venir.
De la session du 22 juin 2020
Mesdames et Messieurs,
Dans la matinée du 22 juin dernier, lorsque nous arrivions dans la cour de la Maison de la culture Jean-Pierre GUINGANE, nous avons observé un dispositif sécuritaire énorme qui laissait croire à une menace terroriste. Il y avait une mobilisation pour demander la démission du Maire Armand BEOUINDE. A la suite de cela, les conseillers de l’Opposition se sont vu refuser l’accès à la salle de délibération par les Forces de l’ordre. Après de multiples tentatives et de discussions avec le Maire BEOUINDE, ils ont eu finalement accès à la salle. Avant le début de la session, les conseillers de l’Opposition ont souhaité donner un préalable à la poursuite sereine des travaux, chose que le maire a refusée. C’est ce qui a contraint les conseillers à boycotter la session qui n’avait pour but que de faire passer la pilule des 77 véhicules. Malgré un manque de quorum nécessaire pour valider les points inscrits à l’ordre du jour, M. BEOUINDE a insisté pour continuer la session, et nous avons saisi un huissier de justice pour faire le constat afin de pouvoir saisir la justice.
Des perspectives
Chers amis de la presse,
Au regard de tous ces éléments, nous avons pris langue avec nos avocats afin de saisir dans les jours à venir les juridictions compétentes pour suite à donner à cette affaire.
A l’instar du CFOP, l’Opposition municipale exige la démission du Maire de Ouagadougou.
Nous demandons en outre l’annulation de la session par le haut-commissaire du Kadiogo.
Au cas où M. BEOUINDE refuse de démissionner, nous invitons le Ministère en charge de l’Administration territoriale et de la décentralisation, ministère de tutelle, à suspendre le maire de la commune en application de l’article 272 du Code général des collectivités territoriales qui stipule, je cite :
« Le maire ou un adjoint au maire peut faire l’objet de suspension ou de révocation en cas de faute grave.
Peuvent entrainer la révocation prévue dans l’alinéa ci-dessus, les fautes graves suivantes :
1. Détournement de biens/et ou de deniers publics ;
2. Concussion et/ou corruption ;
3. Prêts irréguliers d’argent sur les fonds de la commune ;
4. Faux en écriture publique et usage de faux ;
5. Endettement de la commune résultant d’une faute de gestion,…
10. poursuite devant un tribunal répressif ou condamnation pour des faits et actes punis par la loi, à l’exception de simples contraventions de police,… »
Chers amis de la presse, nous vous remercions une fois de plus de nous donner l’occasion d’apporter des éclairages autour de la gestion du maire de la Commune de Ouagadougou. A présent, nous sommes disponibles pour répondre à vos questions.

Le Parti

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