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Rapport du MBDHP, Vème République: ce qu'en pense l'Opposition politique

Déclaration liminaire du point de presse CFOP du 19 mars 2019 animé par M. Mamadou KABRE, Président du PRIT-Lannaya, et M. Yumanli LOMPO, Président du PNDS.


Chers journalistes,


Bonjour et bienvenue à ce point de presse qui porte sur les trois sujets ci-après :
-le rapport du MBDHP sur d’éventuelles violations des droits humains au Burkina Faso;
-le passage à la Vème République ;
-les remous au ministère de l’économie et des finances ;
-et les revendications des travailleurs de l’éducation.
Mais bien avant de commencer, permettez-nous de faire une mise au point par rapport à la conférence de presse des libéraux tenue hier. A l’occasion, le Chef de file de l’Opposition, M. Zéphirin DIABRE a annoncé que l’Opposition politique (y compris les libéraux) s’organise pour faire un coup KO au MPP. Certains médias se sont trompés, en écrivant que ce sont uniquement les libéraux qui s’organisent pour remporter les élections.
Nous tenons à préciser que c’est l’Opposition politique dans son ensemble qui s’organise pour affronter de manière concertée les élections de 2020. Merci !


Ceci dit, chers amis de la presse, dans la nuit du 3 au 4 février derniers, une opération des Forces de défense et de sécurité a permis de tuer 146 terroristes dans les localités de Kain, Gomboro et Banh, selon un communiqué de l’Etat-major général des armées. Cette attaque était une riposte à une attaque terroriste qui avait tué 14 civils quelques heures auparavant.
Dès le lendemain de cette opération, l’Opposition politique, dans cette même tribune des points de presse, a vivement félicité nos FDS pour cette victoire éclatante.
Mais, le 13 mars, le Mouvement Burkinabè des Droits de l’Homme et des Peuples (MBDHP) a, au cours d’une conférence de presse, déclaré que des exécutions sommaires et des dérives ont entaché l’opération.
Le lendemain de la publication du rapport, soit le 14 mars, le Gouvernement burkinabè, tout en émettant des réserves sur les méthodes de travail des organisations de défense des droits humains, a annoncé qu’une enquête est ouverte pour faire la lumière.
L’Opposition politique voudrait, avant toute analyse, réaffirmer son soutien ferme à nos forces de défenses et de sécurité dans la guerre contre le terrorisme. Nous avons foi en notre armée.
L’Opposition voudrait également réaffirmer qu’elle est contre toute exécution sommaire ou extrajudiciaire, parce qu’elle comporte des risques énormes d’erreurs, et peut être utilisée comme instrument de règlements de comptes ciblant des individus ou des groupes. Or, aucun citoyen n’est protégé contre un complot ou un règlement de comptes de la part d’un ennemi, d’un concurrent ou d’un adversaire.
A ce stade, l’Opposition ne dispose pas d’éléments pour conforter ou rejeter le rapport du MBDHP. Elle souscrit donc à l’idée du Gouvernement d’ouvrir une enquête pour savoir ce qui s’est passé.
Pour l’Opposition, le MBDHP et le Gouvernement doivent se concerter, pour permettre que, s’il y a eu des erreurs dans l’exécution des missions de nos FDS, ces erreurs puissent être corrigées.
Dans tous les cas, l’Opposition souhaite que ce qui sera dit ou fait soit de nature à encourager et à galvaniser nos vaillantes FDS dans leur travail de défense et de sécurisation du Burkina Faso.
Chers amis journalistes,
A travers un communiqué de presse en date du 14 mars 2019, la présidence du Faso a annoncé que la nouvelle Constitution serait adoptée par référendum. Cela contredit les propos du ministre de la justice, Réné BAGORO, qui annonçait deux semaines auparavant que le passage à la Vème République se ferait par voie parlementaire.
Le 19 avril 2018, lorsque le Chef de l’Etat a reçu l’Opposition politique pour parler principalement de la nouvelle Constitution, il avait annoncé que suite à une concertation qu’il a eue avec le Conseil constitutionnel, il était apparu que l’adoption ne pouvait se faire que par voie référendaire. Après, le MPP a orchestré une campagne pour faire croire à l’opinion que c’est l’Opposition qui refusait la voie parlementaire, alors que de son point de vue, cette solution était la mieux indiquée au regard de la situation difficile dans laquelle se trouve notre pays.
Aujourd’hui, il est clair que l’Opposition n’a exercé aucune pression sur le Président KABORE pour qu’il décide qu’on aille au référendum. Il a pris sa décision librement et en connaissance de cause.
Ceci dit, l’Opposition pose une question au Gouvernement : Comme la nouvelle constitution sera adoptée par voie référendaire, quand ce référendum aura-t-il lieu?
Déjà, nous avons une élection couplée présidentielle et législatives en 2020. Pour l’Opposition, il est hors de question de découpler ces deux élections. Car, si l’on retarde l’élection des députés, le Président élu risque de n’avoir pas la Majorité pour gouverner, ce qui entrainera une crise institutionnelle. Si suite à cette crise, l’Assemblée nationale est dissoute, cela accentuera la crise et entrainera des dépenses de plusieurs milliards pour organiser de nouvelles élections législatives.
Autant coupler les législatives et la présidentielle, pour permettre au peuple de choisir un Président et de lui offrir du même coup une Majorité parlementaire pour gouverner.


Mesdames et Messieurs,


Ces derniers temps, les prémices d’une nouvelle crise au ministère de l’économie, des finances et du développement (MINEFID) fait surface. Malgré le vote de la loi plafonnant le fonds commun, laquelle loi était censée clore le débat, des remous se font sentir au MINEFID. Un document anonyme repris par certains médias appelle par exemple à la suspension d’activités dans les démembrements du ministère.
Pendant ce temps, le Gouvernement dit avoir invité les banquiers à ne faire aucune ponction pendant un semestre.
Pour l’Opposition, le Gouvernement aurait dû avoir ce nécessaire dialogue avec les syndicalistes et les banquiers, pour voir comment les fonctionnaires qui ont pris des prêts sur le fonds commun pourraient éponger leurs dettes sans être clochardisés.
En outre, le moratoire d’un semestre n’est pas une solution, mais un report du problème.
Le nouveau ministre de l’économie et des finances ayant déclaré sa disponibilité au dialogue, l’Opposition invite tous les acteurs à s’asseoir et à discuter. Avec, comme préalable, que les travailleurs ne soient traités comme des ennemis du pays. A la place d’une campagne de haine contre les travailleurs de la Fonction publique de façon générale (accusés de s’accaparer toutes les richesses du pays), il faut instaurer la confiance et la concertation.


Mesdames et Messieurs de la presse,


Le 02 février dernier, après une suspension des évaluations qui a duré deux mois, la Coordination Nationale des Syndicats de l’Education (CNSE) avait montré sa bonne foi et sa disposition au dialogue, en suspendant son mouvement pour deux mois. La CNSE précisait, je cite : « Cette mesure d’une grande responsabilité doit être comprise par le Gouvernement comme la volonté des syndicats d’entamer les discussions du 04 février dans un esprit de dialogue sincère en vue d’aboutir à un statut véritablement valorisant pour les personnels de l’éducation et de la recherche. »
Et la Coordination d’ajouter qu’en fin mars 2019, elle évaluerait l’application des engagements, y compris la question du statut valorisant, et prendrait une décision définitive sur la suite des événements.
A l’approche de l’échéance, et surtout à l’approche des examens de fin d’année, l’Opposition voudrait inviter le Gouvernement à respecter sa parole donnée et à remplir sa part de contrat vis-à-vis du monde de l’éducation. Nous ne souhaitons pas qu’il y ait une quelconque perturbation des examens de fin d’année, à cause du dilatoire habituel de nos dirigeants.
L’Opposition réaffirme ici que la lutte des éducateurs et enseignants est tout à fait noble. Par-delà l’amélioration des conditions de vie et de travail, cette lutte concerne l’avenir-même de l’éducation au Burkina Faso.


Chers amis de la presse,


C’est tout pour la déclaration liminaire. Nous attendons à présent vos éventuelles questions.

Le Parti

Récépissé n°2014/0123/MATDS/SG/DGSEPP/DLFSPP  du 06 août 2014

Secteur 07, Rue 07.67 Porte 296

01 BP 2179 Ouagadougou 01

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